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SCOTCH & PENICILLIN
 Mission accomplished 
J'ai couru mon troisième marathon (le deuxième cette année). C'est le même que celui couru pour la première fois l'année dernière et il a l'avantage d'arriver dans ma ville.

Dimanche, il fait à peine dix degrés et très humide (alors que la veille il faisait super beau). Le départ est donné à 9h00 mais comme nous sommes passés à l'heure d'hiver pendant la nuit cela revient à partir en milieu de matinée (ce qui me laisse le temps de bien faire caca avant de prendre le départ, toi même tu sais).
Sur la base de mes précédentes course, j'estime mon arrivée à 12h45.
Mon objectif depuis toujours est de faire mieux que 03:44:52, le temps de George W. Bush. Il m'avait manqué vingt-et-une secondes la première fois, et dix-neuf la deuxième. #humiliation

8h40, on arrive sur le parking du départ, dans une zone commerciale. Des types en shorts moulants avec des ponchos en sac poubelle courent de tous cotés pour se réchauffer. Un petit crachin me tombe dans le cou pendant que je m'équipe. Cette année je suis un vrai garde-manger : deux bananes, deux pâtes de fruit, deux gels, une barre de céréales, deux petites bouteilles d'eau et un sac à dos avec une poche d'un litre.
J'abandonne ma famille pour me rendre sur la ligne de départ. On se retrouvera à l'arrivée.

Comme il n'y a qu'un petit passage pour accéder aux sas ça bouchonne et on piétine dans la boue. Mais au moins on se tient chaud. D'habitude il y a de la techno "boum boum", une ola ou un compte à rebours mais là, le départ est donné sans préavis.

Durant les cinq premiers kilomètres je reste derrière le lièvre portant la flamme "3h45". Je le double lors du premier ravitaillement. Mon objectif est de gratter quelques minutes pendant la première partie du parcours et d'essayer de garder cette avance pendant la seconde partie. J'ai également planifié mon programme d'écoute : des épisodes du podcast Lynchsplanning pour commencer, puis de la musique "entraînante" quand ça va commencer à piquer : The Field, Tom Yorke, LCD Soundsystem et Hot Chip.

Je colle un groupe d'une dizaine de personnes. On traverse des villages et des zones industrielles. Des bénévoles nous encouragent alors que ce sont eux qui restent statiques dans le froid, sous la pluie. On salue des personnes âgées qui nous regardent depuis leurs vérandas. On tape dans les mains des enfants. À l'entrée d'une ferme, un type propose des shots de pastis. Je ne sais pas si c'est de l'humour ou de l'alcoolisme.

Je mange ma première banane et une tranche de pain d'épices prise lors d'un ravitaillement.
Ça me reste un peu sur le ventre.

Pendant quelques minutes nous sommes filmés par la moto de la télé locale (j'ai regardé le replay, on ne nous voit que quatre secondes à l'antenne).
Vers le dix-septième kilomètre, on se fait doubler par les premiers relayeurs qui se partagent la distance à deux et qui sont partis trente minutes après nous. #humiliation
Je prends mon premier gel et un abricot sec.


On approche de Rennes et les muscles commencent à se durcir mais le rythme reste bon. Le petit groupe se délite un peu : on en perd certains et on en retrouve d'autres lors des arrêts aux ravitaillements.
Je mange une pâte de fruit et un sucre en prévision du coup de barre à venir : on aborde des montées et on commence à doubler les premiers marcheurs qui ont lâché. Je sens également que la crampe menace mais je sais qu'elle ne sera vraiment là que si je m’arrête. Alors je mange ma seconde banane.

C'est au trente-sixième kilomètre que je rencontre "LE MUR". D'un coup je me sens vidé, j'ai des picotements dans les mains et le souffle court. C'est le moment de sortir mon gel "Coup de fouet, spécial passage difficile©" parfum "Mojito". Le goût est plutôt "Dégueulito" mais cela fait son effet car je me remet aussitôt à courir (moins vite, mais je cours).

J'ai toujours quelques minutes d'avance mais il me reste encore une interminable ligne droite et une côte avant d'arriver en centre ville. Je double de plus en plus de "marcheurs" mais je me fait également doubler. Dans les deux cas le moral en prend un coup. J'arrive au dernier ravitaillement où une collègue est bénévole. Je me repose un peu le temps d'échanger quelques mots et de boire de l'eau.

Je me suis peut-être arrêté trop longtemps au ravitaillement car je n'ai plus que deux minutes d'avance. Je retrouve une membre du petit groupe du départ et je prend son rythme pour le dernier kilomètre à parcourir. Ma famille m'attend à une centaine de mètres de l'arrivée. Louison m'accompagne pour la dernière ligne droite. Je me sens plutôt bien (mes jambes me tiennent encore et j'arrive à respirer), j'ai même l'impression de courir plutôt vite. #illusion
Le chrono affiche 3:43:55  lorsque je franchis la ligne.
Mon temps officiel (du top départ à l'arrivée) est 03:44:00 (où sont passée mes 5 secondes ?!)
Mon temps réel (du passage sur la ligne de départ à la ligne d'arrivée) : 03:43:28.
Je suis arrivé 613e.
J'ai vaincu George W. Bush.


Pour mon prochain but dans la vie, j'hésite entre faire la même chose pieds nus et essayer de battre Flea (03:41:49).
FLY Emirates
 Sinon... 

Niveau culture c'est un peu la misère ce mois-ci :
  • J'ai laborieusement terminé la lecture de Jeu de Construction de Paul Cox. Après l'avoir abandonné il y a quelques années, j'ai repris la lecture de Sales Caractères (de Simon Garfield). Mais bon, 300 pages sur l'histoire de la typographie... ça lasse un peu (je le finirai une autre fois). Selon vos directives, j'ai enchaîné sur Si c'est un Homme de Primo Levi. Je me suis tout de même permis une parenthèse avec La Marmite, petit livre d'entretiens avec Albin de La Simone sur son processus créatif (j'aime beaucoup cette collection des éditions La Machine à Cailloux).
  • J'ai loupé tous les films que j'aurai bien aimé voir au ciné (Jeanne, Roubaix une lumière). Mais avec Adèle on s'est inscrit au ciné-club de l'université (histoire de revoir des classiques comme Robocop...).
  • J'ai assisté à un spectacle de Pantha Du Prince. Un concert de techno pour les vieux : dans un théâtre avec des sièges en velours.
 ...Et quelques liens pour finir 
GLOVE / HAT
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Dédié à :
  • Robert Franck. Quand j'ai appris la mort de David Berman, je me suis dit "Le monde n'est pas encore totalement foutu, au moins Robert Franck est toujours vivant".
  • Daniel Johnston. J'ai entendu Johnston pour la première fois sur France Inter chez Bernard Lenoir. En 1992 on ne trouvait ses disques qu'en import et certainement pas au Mans. À l'occasion d'un déplacement professionnel de ma mère à Paris je lui ai demandé de me rapporter un de ses CD. Elle a ainsi, pour moi, fait l'acquisition de Continued Story + Hi How Are You à la FNAC des Halles. J'ai, plus tard, offert ce disque à Jean-Luc. Il est de nouveau dans ma discothèque.
  • Mathieu Ballet. L'ancien clavier de Oui Oui n'aura jamais signé ma photo.
  • Robert Forster. Le flegmatique shérif Truman (le frère de Harry) ne jouera plus dans Twin Peaks.

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