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SCOTCH & PENICILLIN
 Hello, my friends... 
Mercredi 25 octobre 1995 : j'écoute Starlite Walker des Silver Jews tout en dessinant ce qui sera la premier numéro de mon fanzine. J'emprunte un vers de la chanson Trains across the sea* pour donner son titre à ce chef d’œuvre qui sera bientôt photocopié à 10 exemplaires : Scotch and Penicillin.

À cette époque, on présente plutôt Silver Jews comme un side band de Pavement** mais pour moi c'est avant tout le groupe de David C Berman.
Même si mon niveau d'anglais ne me permet pas d'en saisir toute la subtilité, sa poésie me touche. Elle mélange des blagues (le robot qui entre dans un bar***), des histoires en deux lignes et des images qui m'évoquent des paysages d'une Amérique fantasmée (entre le cow-boy et l'enseigne de casino de Las Vegas). Ce disque m'accompagne des années durant.

À cette époque, je n'hésitais pas non plus à écrire aux personnes que j'admirais (ce que, à mon avis, tout le monde devrait faire****). J'ai donc envoyé les premiers numéros de Scotch & Penicillin à l'adresse indiquée sur le disque, à la fois pour lui dire tout le bien que je pensais de lui et recevoir sa bénédiction pour l'appropriation de ses mots.
Je ne me souviens plus de cette lettre. Elle était certainement maladroite et un peu embarrassante mais quelques temps plus tard j'ai reçu une carte postale :
Carte postale de David Cloud Berman
Je ne suis pas allé assister à sa lecture à Paris*****.
Sorti juste après, The Natural Bridge est et restera un de mes disques préférés. J'ai aussi ensuite beaucoup aimé American Water (mais je m'en suis lassé plus vite).

(Je me souviens également de ma rencontre avec Yannick quelques jours avant mon départ au service militaire : il m'a remis un CD gravé avec les tous premiers enregistrements du groupe (introuvables en France à cette époque). J'ai toujours ce disque.)

Régulièrement, j'ai continué à envoyer mes productions à David Berman : à chaque fois je recevais une carte postale de remerciement et d'encouragement.
Même si j'ai moins accroché aux albums suivants (trop country-rock à mon goût de l'époque), je lui suis resté fidèle. J'ai acheté ses recueils de dessins et de poèmes et j'ai suivi son actualité****** mais je ne suis pas allé le voir en concert lors d'un unique passage à Paris (peur d'être déçu ?).

Encore récemment, je me disais que ça aurait été bien que David Berman écrive un édito pour un éventuel recueil des Scotch & Penicillin******* mais ce ne sera jamais le cas car il s'est suicidé le 7 août dernier.
* - 24 ans plus tard je connais encore quasiment cette chanson par cœur.
** - 3 membres du second ont également régulièrement joué dans le premier.
*** - "Robot walks into a bar, orders a drink, lays down a bill. Bartender says, hey we don't serve robots
and the robot says, oh but someday you will."
**** -
J'ai également écrit à Lou Barlow et Pavement mais seul David Berman m'a répondu. Apparemment ils répondait toujours aux courriers de ses fans.
***** - Je n'ai jamais su où et quand cela a eu lieu ni même si cela a vraiment eu lieu (internet n'existait pas).
****** - notamment l'histoire de sa relation très conflictuelle avec son père et sa décision de stopper sa carrière musicale.
******* - C'est mon ami Jean-Luc qui avait rédigé l'édito du recueil des n°1 à 10.
Dessin de David Cloud Berman
Depuis un mois, les paroles des chansons des Silvers Jews tournent en boucle dans ma tête. C'est comme si le dernier des poètes venait de mourir, laissant le monde encore un peu plus chiatique.

Drag City, sa maison de disque lui a rendu un touchant hommage : "Now, we miss David incalculably, like a phantom limb we keep willing to help us up. It's not growing back, we will have to work around this for the rest of our time".
Michka Assayas a également fait une émission spéciale de Very Good Trip.

Regardons encore et encore le clip de Darkness and Cold en pleurant.
Central Park
 Sinon... 

Cet été j'ai pu lire :
  • "4", d'Alexandre Laumonier : un livre à la belle maquette énigmatique ; une histoire des communications radio hautes fréquences et d'échanges boursiers où chaque micro-seconde économisée se compte en centaines de milliers de dollars. J'ai beaucoup aimé.
  • "JOCHEN GERNER", de Christophe Gallois et Tom McCarthy : pas vraiment une lecture puisqu'il s'agit essentiellement d'un livre d'images. Les textes m'ont parus inutilement verbeux, je les ai rapidement passés.
  • "LA ROBE BLANCHE", de Nathalie Léger : ce que je pensais être un récit sur l'histoire (vraie) d'une artiste qui a voulu traverser l'Europe en stop, vêtue d'une robe de mariée, et qui a fini violée et tuée en Turquie s'est avéré être un règlement de compte entre l'autrice et sa mère. Ce n'est pas ce que je voulais lire, je suis passé à côté du livre.
  • "41 COUPS DE CANON", de Mo Yan : je n'avais jamais lu de grand roman chinois, c'est maintenant chose faite. 500 pages d'un enfant qui aime tellement la viande qu'il l'entend supplier pour être mangée. À la fin il a un canon et ça devient vraiment n'importe quoi (mais bon, 2 € en braderie...)
  • "BAISERS VOLÉS", de Jean-François Pioud-Bert : un résumé détaillé et rempli d'anecdote d'un de mes films "doudou". Pour les fans.
  • "MARTIENS, GO HOME!", de Fredric Brown : il y avait ce livre dans le CDI de mon collège mais il m'a fallu 30 ans (et les conseils de Katerine) pour finalement le lire. Le pitch est amusant mais tout ça à bien (mal) vieilli et reste dispensable (mais bon, 0,50 € en braderie...).
  • "UN APPARTEMENT SUR URANUS" de Paul B. Preciado : le podcast Les Couilles sur la Table  m'avait donné envie de lire ce recueil de chroniques, journal d'une transition de genre (mais pas que...). Mais c'est un philosophe qui l'a écrit et je me sent totalement largué par son cheminement mental. (Sur ce sujet j'ai préféré regarder OCEAN). Je ne l'abandonne pas : je butine une chronique de temps en temps.
  • Je lis actuellement "JEU DE CONSTRUCTION", de Paul Cox : la version livre du blog tenu en 2005 lors de la conception de son expo à la galerie des enfants du centre Pompidou. J'avais adoré lire ce blog à l'époque, le relire est plutôt plaisant (un peu trop de citations et de name dropping mais l'artiste est sympathique).
La fréquentation des braderies du printemps m'a fait acquérir pas mal de nouveaux ouvrages.
Je compte sur vous pour m'aider à choisir quoi lire dans cette grosse pile de papier.
 ...Et encore quelques liens pour finir 
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Dédié à : Peggy Lipton, la si gentille Norma du double R de Twin Peaks ;
Danielle Heymann, la critique de cinéma qui aimait les chiens
et Max Wright, le tuteur de Alf.
 

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