Copy
SCOTCH & PENICILLIN
Hop hop hop, sur le fil, voici ma dernière info-lettre de l'année que vous ne lirez sans-doute pas avant 2021.À moins que vous ne vous ennuyez mortellement entre un trivial poursuit et Ze Fiesta (2h38 de Patrick Sébastien)....
Moi j'ai fais ma part du job, ma copie est rendu avant minuit. Allez, bisous !
C'est la bamboche !
 3 jours à Paris (suite et fin) 
Comme promis, voici la suite de nos formidables et terribles aventures dans la capitale. Si vous n'avez pas lu le début de ce récit dans la précédente info-lettre, je vous invite à le faire avant de poursuivre plus loin, merci.

Deuxième jour.
Après une bonne nuit de repos, nous quittons notre hôtel pour petit-déjeuner à l’extérieur. Cours de Vincennes nous trouvons un café ouvert. Comme il fait très beau nous nous installons en terrasse et passons commande. 
Le cuisinier quitte le café. 
Quelques minutes plus tard, il repasse devant le café en courant.
Encore plus tard il revient finalement au café avec un sac de croissants : il lui fallait trouver une boulangerie ouverte.
Notre fin de petit-déjeuner est gâchée par une guêpe attirée par le jus d’orange. Petite saloperie.

Pour cette matinée nous avons prévu de nous fondre dans la population locale en louant des bicyclettes Velib’. C’est grisant et plutôt intimidant de faire du vélo dans la capitale. Dans ma To do list, j’ai déjà couru à Paris, fait du vélo à Paris mais je n’ai pas encore nagé à Paris.
Nous nous dirigeons vers le bois de Vincennes tout proche. Nous espérions visiter le centre bouddhique et sa statue géante du Bouddha mais il n’est pas ouvert au public. Le bâtiment, relique de l’exposition coloniale de 1931 reste impressionnant. Nous poursuivons notre exploration sur les chemins ombragés. Je suis étonné du nombre de campements sauvages que l’on trouve dans les bois. Nous passons à côté du zoo et son rocher sans singe. Nous longeons l'hippodrome. Et finalement nous arrivons au but de notre expédition : le Jardin d'agronomie tropicale de Paris. Le parc comporte de nombreux monuments aux morts à la mémoire des soldats français d'outre-mer tués pendant la Première Guerre mondiale, des pavillons vestiges de l'exposition coloniale de 1907 et des serres, dont certaines à l'abandon. C’est un lieu désuet et désert. Son exotisme de pacotille est incongru et sa décrépitude touchante. 
Nous laissons là nos vélos pour trouver un lieu où manger. Après avoir hésité à bricoler des sandwiches dans la bambouseraie, nous trouvons finalement un restaurant italien à Nogent Sur Marne. Un très (très) bon restaurant italien auquel je repense encore aujourd’hui non sans émotion teintée de nostalgie.
Après un bon café nous essayons de nous approcher du pavillon Baltard tout proche, histoire de toucher ce lieu historique qui a accueilli La Nouvelle Star. On laisse finalement tomber pour aller reprendre nos vélos car nous avons rendez-vous quelques heures plus tard dans le cœur de Paris.
On retraverse le bois de Vincennes d’Ouest en Est, pour ne pas perdre de temps on ne s'arrête pas au belvédère mais on peut apercevoir le donjon du château. On dit adieu à nos Vélib’ à côté du beau Palais de la Porte Dorée pour prendre le métro.
Nous avons des places réservées au Musée de l’illusion, un divertissement familial.
Nous arrivons sur place pile poil à l’heure prévue (chose plutôt rare pour nous) mais nous devons attendre dans la rue avec plusieurs dizaines d’autres personnes (c’est bien la peine de réserver). L’attente est finalement plutôt courte et la visite sympathique. Un “tunnel rotatif” est extrêmement perturbant et après la visite nous errons plusieurs heures dans les rues, hypnotisés par toutes ces illusions. Non, ce n’est pas vrai, nous traînons un peu dans le quartier et passons à Flying Tiger et Hema, paradis des gadgets en plastique coloré.

Étape suivante : retourner au resto à ramen repéré la veille. Notre stratégie d’arrivée dès l’ouverture est payante : il est à peine 18h30 et nous pouvons immédiatement entrer nous installer. L’intérieur est déjà bondé et visuellement impressionnant, c’est un vrai décor de film : fils électriques, cabine téléphonique, signalétique et publicités en japonais, tables posées sur des caisses de bière. Éclairés par des ampoules 5 watts, on se croirait dans Blade Runner.
Je me trompe dans ma commande mais le hasard fait très bien les choses. Je me régale avec mon Kurogoma Tan Tan Men (sauce au sésame noir épicée, porc épicé haché accompagné de son parfait gros œuf mollet mariné) et d’une bière Kirin. Mais Adèle nous a prévenu que le meilleur est encore à venir car à l’étage se trouve l’objet de toutes nos convoitises : de véritables toilettes japonaises Toto avec petit jet d’eau tiède et soufflerie pour laver et sécher nos postérieurs. En plus, des magazines japonais de cuisine professionnelle richement illustrés sont à disposition. C’est magnifique, je veux vivre pour toujours au royaume de l’umami et des toilettes fontaines…
Ma famille me persuade de poursuivre ma vie avec eux. La file d’attente qui s’est formée à l’extérieur applaudit. 
Nous décidons d’aller voir du côté de la butte Montmartre. Il paraît que la vue y est belle. Et quoi de plus parisien que de prendre le bus pour y aller ? Nous patientons à un arrêt conseillé par mon appli Google maps (vous connaissez ?) rue Bonaparte, à la sortie de l’École des Beaux Arts. Les bustes de Nicolas Poussin et de Pierre Puget nous font face. OK, Poussin était dans la peinture, ça passe ; mais Puget, à part de l’huile d’olive, il a fait quoi ? Notre bus 95 arrive. Le sympathique chauffeur nous prévient qu’il ne faut pas s’inquiéter si le bus vibre de toutes parts : ses amortisseurs sont morts et de précédents passagers pensaient même qu’il y avait un tremblement de terre (LOL).
Nous traversons Paris : le Louvre, l’Opéra Garnier, la place Clichy. Je me sens titi parisien, un p’tit gars d’Paname, un vrai Poulbot…
Nous descendons à côté du cimetière de Montmartre (je me promets d’y aller voir la tombe de Truffaut un de ces jours) et commençons l'ascension de la butte. Tous les dix mètres je dis aux enfants que c’est ici qu’a été tourné Amélie Poulain (alors que non). Soudain, vision d’horreur : un groupe de zumba tonitruant sur la place du Tertre. Nous devons slalomer entre les caricaturistes de grand talent pour nous échapper. Nous arrivons enfin sur le parvis du Sacré-Cœur juste avant le coucher de soleil. Nous ne sommes pas les seuls. Le voilà le prochain cluster parisien du COVID. Nous allons brûler un cierge pour notre salut au Sacré-Cœur (c’est faux). Avec Louison nous prenons le funiculaire pour descendre de la butte. 
Nous traversons Pigalle, je ne me souvenais pas qu’il y restait autant de sex shops et de cinémas pornos. À moins que ces enseignes ne soient qu’un décor pour donner au quartier un aspect “canaille” à destination des touristes en bus à étage.
Il commence à se faire tard. Nous reprenons le métro place Clichy et nous rentrons à l'hôtel.
De la fenêtre de la chambre on peut apercevoir, par-dessus les toits, le rayon lumineux de la tour Eiffel pourtant située à 8,7722 km.
Une bonne douche et dodo.

-----

Toutes les bonnes choses ont une fin. C’est sur le troisième et dernier jour de nos vacances parisiennes que j’ouvre mes paupières engourdies.
Ce matin, nous prenons finalement l’onéreuse formule petit-déjeuner de l'hôtel car nous avons un plan : explorer la coulée verte René Dumont toute proche.
La journée promet d’être chaude, les allées couvertes de verdure sont une bénédiction. Dans cette végétation j’espère découvrir des espèces endémiques auxquelles je donnerai les noms de mes proches. Bonjour Limacidae Adelae !
Nous passons par des tunnels qu'empruntaient autrefois des trains puis le chemin s’élève et nous voici au jardin de Reuilly où nous pouvons nous désaltérer à une fontaine d’EAU PÉTILLANTE ! Paris est vraiment une ville incroyable…
Notre aventure se poursuit sur des chemins surélevés qui nous permettent d’admirer les immeubles et de saluer les fumeurs à leurs fenêtres de cuisine.
Notre chemin s'arrête à Bastille où, après quelques errements, nous décidons de prendre table à la brasserie Les Associés. Je ne sais plus ce que j’y ai mangé mais je peux vous dire que l’accueil y est chaleureux. Très vite nous connaissons tout de la vie du patron d'origine italienne, de sa femme bretonne et de son fils installé à San Francisco.
J’ouvre une parenthèse : durant tout notre séjour nous n’avons rencontré que des personnes sympathiques, aimables, serviables et polies (sauf au cimetière, le premier jour). Très loin des clichés du parisien méprisant, donc. (fin de la parenthèse).

Suite du programme : le musée du Louvre où nous avons réservé nos billets. Un coup de métro et nous voici devant la pyramide avec une bonne centaine d’autres personnes (facile). En fait, l’entrée se fait par tranches d’une demi-heure. Quand un groupe entre, une nouvelle queue se forme. Cela doit être assez beau vu du ciel.
A l’intérieur, nous priorisons les antiquités gréco-romaines et égyptiennes. Je suis impressionné  et ému par les bustes des empereurs romains. J’ai en face de moi les visages de Caligula, Hadrien et le pas commode Caracalla. Je me souviens des souffrance endurées à la lecture du De viris illustribus urbis Romæ a Romulo ad Augustum.
Je tombe amoureux d’une
idole-cloche grecque en céramique. Ses petits pieds me font craquer. Un gardien me demande gentiment de la remettre dans sa vitrine.
Nous sommes venus voir des momies, des momies nous avons vu.
Le musée comporte de nombreux étages et de nombreuses pièces si bien qu’au bout d’un moment on sature un peu. On regarde à peine les joyaux de la couronne, on traverse les appartements royaux sans s’arrêter. Pendant de temps, la centaine de personnes entrées avec nous faisaient la queue pour se prendre en selfie avec la Joconde : deuxième cluster.

Les enfants n’en peuvent plus et marquent un arrêt sur un des canapés de la galerie des peintures classiques. Pendant ce temps, je retrouve tous les tableaux étudiés en histoire de l’art il y a bien longtemps. Je me rends également compte que je n’en ai gardé que l’anecdotique : les vertèbres en trop de la Grande Odalisque de Courbet ou la mère absente du Sacre de Napoléon…
C’est bon, nous avons fait le tour de ce que nous voulions voir. Nous cherchons une sortie par le Carrousel qui se veut la vitrine du bon goût "à la française" mais où les boutiques de souvenirs rivalisent de laideur. Nous nous rabattons sur un double frappuccino au Starbuck.
Ensuite nous avons repris le train et nous sommes rentrés à Rennes
Fin.
Le projet QUI VA BIEN poursuit son petit bonhomme de chemin. 9 illustrations sont terminées (sur les 15 prévues).
Voilà un nouveau coloriage qui pourra occuper les gosses le soir du réveillon :
 L'heure du bilan  
Ce qui m’a fait du bien cette année :
  • M’endormir contre ma chérie
  • Nos #confinésdéguisés quotidiens lors du premier confinement
  • La bossanova
  • Le raisin
  • Pouvoir profiter du printemps et voir fleurir le cerisier
  • La fourme d’Ambert
  • Le retour de Riviera Détente
Dernières lectures : 
Je viens de finir Yoga d’Emmanuel Carrère. Je l’ai lu d’une traite et sur le moment j’étais très emballé. Quelques jours plus tard j’ai l’impression de m’être fait avoir. Carrère est un petit malin qui gère très bien ses effets et comme j’ai également lu Il est avantageux d'avoir où aller cette année, je commence à les repérer. En fait, les deux textes qui m’ont le plus touchés dans Yoga sont des résumés d’histoires d’autres auteurs : un rêve bouleversant de Roger Caillois et une nouvelle de George Langelaan qui m’a angoissé. C’est un peu con...

Juste avant j’ai lu Des hommes justes d'Ivan Jablonka. Je ne vais pas nier avoir appris beaucoup de choses et que c’est très bien sourcé et documenté, mais purée que c’est chiant… Chaque soir j’avais l’impression de lire une dissertation de 500 pages… De manière générale, tous les essais lus cette année me sont passés un peu au-dessus. Le problème doit venir de moi.

Par contre 2 livres m’ont vraiment marqué cette année : 
  • La Serpe de Philippe Jaenada : à la fois enquête policière sur un triple meurtre et biographie de l’auteur du Salaire de la peur. C’est fouillé, passionnant et Jaenada est irrésistiblement attachant. J’ai maintenant très envie de lire La Petite Femelle mais j’ai peur d’y repérer les “ficelles” de l’auteur et que le charme soit rompu…
  • W ou le souvenir d’enfance de George Perec : ce livre est déroutant, il commence comme un roman d’aventure puis devient un guide de voyage par intermittence avec la reconstitution d’archives familiales de l’auteur et cela se termine en une glaçante dystopie (qui n’en est pas une). Je pense que c’est un des rares livres que je vais régulièrement relire. Je m’étais d'ailleurs promis de relire La Vie Mode d’Emploi.
Un peu de musique :
  • Mon chouchou musical de cette année est King Krule. Spotify me proposait souvent d’écouter quelques-uns de ses titres mais son live sur Arte m’a rendu archi-fan. J’ai maintenant envie de me faire poser un grillz et de jouer du saxophone.
  • J’ai aussi retrouvé Dominique A avec son dernier album alors même que je n’ai aucune sympathie pour Marc Seberg (j’avais même quitté la salle au bout de 2 chansons de Philippe Pascal aux transmusicales en 1994).
  • J'ai également eu quelques lubies sur des trucs pas récents : The Knife dont le concert/spectacle/performance me met en transe. Et puis Chassol avec ce titre que je ne me lasse pas d'écouter.
Du côté des chaussures qui puent :
Cette année je n'ai pas pu courir les 2 marathons et le semi prévus. Je me suis entraîné pour rien. La motivation en a pris un coup. J'ai tout de même parcouru 1618.2 km (soit, à peu de choses près, la distance de chez moi à Skagen, à la pointe nord du Danemark) ce qui est 27.5 km de moins que l'année dernière (on va pas chipoter).
C'est également 128 318 calories brûlées (soit 275 barres de Snickers) en 134 heures (et autant de podcasts écoutés).

Puisqu'on parle podcast (quel sens de l'enchainement !) :
Cette année j'ai essayé de renouveler et de diversifier mes écoutes (exit le Masque et la Plume et son club de boomers). Voici quelques-uns de mes coups de cœurs :
  • 1 000 degrés : En 1994, un colis piégé explose dans une petite entreprise près de Toulouse blessant grièvement le couple de gérants. Très vite les soupçons se portent sur un ancien collègue qui clame son innocence… 25 ans plus tard Adèle Humbert et Emilie Denètre enquêtent minutieusement sur cette affaire plus compliquée qu'elle n'en a l'air. (série complète, 9 épisodes d'environ 30 mn, à écouter dans l'ordre)
  • Cerno : Julien Cernobori apprend que dans son immeuble parisien a vécu Jean-Thierry Mathurin, le complice de Thierry Paulin alias "le tueur de vieilles dames". Il décide de partir à la rencontre de celles et ceux qui auraient pu croiser leurs routes et de retracer la vie des victimes. Ce podcast est une pépite addictive. Julien a un vrai talent d'écoute et d'empathie et si on vient pour les faits divers, on reste pour les gens. (série en cours, 62 épisodes de 30 mn, à écouter dans l'ordre)
  • Le code a changé : Xavier de la Porte aborde le numérique avec à chaque fois un angle différent et une nouvelle question. C'est pointu et passionnant. Mentions spéciales aux épisodes "Le pylône qui valait 5 millions de dollars" et "David Dufresne raconte Allo@Place_Beauvau". (série en cours, 18 épisodes de 50 mn)
  • 13 novembre : l'enquête : Qui sont les terroristes du Bataclan et des terrasses ? Cette enquête de Sara Ghibaudo retrace le parcours de cette bande de petits cons qui ne payaient pas de mine. Ce qui m'a le plus étonné est les nasheed, ces chants religieux de revendication des attentats. Celui du 13 novembre est à la fois glaçant et ridicule (j'espère que ce lien ne va pas tous nous ficher S). (série complète, 9 épisodes d'environ 20 mn, à écouter dans l'ordre)
  • Magicos : Guillaume Natas (de l'excellent Community Manager) a une passion secrète : la magie. À travers d'entretiens avec des magiciens et (rares) magiciennes on découvre les différentes écoles, le business de la création de tour, les difficultés du métier. Franchement, j'ai commencé à écouter ça sans trop y croire (la magie, bof...) et j'ai appris des tonnes de trucs et maintenant je suis devenu fan de Penn & Teller sur Netflix. (série complète, 7 épisodes de 50 mn)
  • Qui est Miss Paddle ? : Judith Duportail fait une fixette sur une créature à quatre pattes sur son paddle et questionne nos relations aux réseaux sociaux, à l'image que l'on renvoie et notre amour propre et enfin de notre relation à l'autre. C'est très bien écrit et nous emmène dans des recoins plutôt sombres. (série complète, 6 épisodes d'environ 15 mn, à écouter dans l'ordre)
Mes films de l'année
C'est une catastrophe. Je ne sais même plus si je suis entré dans une salle de cinéma cette année. J'ai revu quelques films sans grande conviction et souvent laissé tomber le visionnage de trucs très moyens sur netflix. Le seul film que je me souviens avoir beaucoup aimé cette année est Babe, le cochon devenu berger, c'est vous dire.
 Un petit poème (pour finir l'année en beauté)  
Gagougagagagou
Gagagagagagagaga Aaaaaaaaa
Gaga Gougougui
Boubou
Ainsi s’expriment les bébés.
On pige que dalle.
Dédié à Flash Player, petit logiciel qui a rempli mon cœur de joie et qui nous quitte bien trop tôt.

Vous pouvez mettre à jour vos données ou vous désinscrire POUR TOUJOURS de cette liste de diffusion.
Email Marketing Powered by Mailchimp