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Prêts à perdre 5mn ?

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Tout d'abord…

Ça y est, nous y sommes ! Quatre semaines de couvre-feu (si vous habitez dans l'une des zones concernées), c'est l’occasion pour toutes et tous de reprendre les bonnes vieilles habitudes du confinement, entre apéros Zoom et autres sessions yoga sur Instagram. Youpi !

Fort heureusement, nos amies les jeunes pousses ne sont jamais en reste pour nous remonter le moral. Une enquête du Figaro révèle plusieurs témoignages pointant le management hasardeux de la crise sanitaire dans un certain nombre de start-up françaises : il y est question de dirigeants qui ont profité du chômage partiel pour faire bosser leurs employés gratos (« l'entreprise a escroqué le dispositif de chômage partiel tout le mois de mars », « mes patrons se sont comportés comme des escrocs au début de la crise »…), d’autres qui licencient en cinq minutes (« mon patron m'a dit : 'on se sépare de 10 personnes dont toi'. Ça a duré 5 minutes et il a raccroché »). Une chose est certaine : le mythe qu’on nous vendait depuis des années autour d’un « esprit de famille » à toute épreuve est en train de s’effriter lentement mais sûrement.

On peut aussi compter sur « Tous anti-Covid » pour nous mettre un peu de baume au cœur. La nouvelle application choc du gouvernement (prévue pour le 22 octobre prochain) devrait, on l’espère, nous faire oublier une bonne fois pour toutes TéléCovid, pardon, StopCovid. Enfin, on verra bien.

Le flashback de la semaine

ChickClick et le « Women's web »

En 1998, à une époque où le web en était encore à ses balbutiements, Heather et Heidi Swanson font un constat amer : « Les gens qui surfent sur le net ne sont pas seulement des garçons de 18 ans ! Duh !" ». Âgées de 25 et 22 ans, les deux soeurs décident donc de lancer un site directement inspiré des « Riot Grrrls », afin de parler à toutes celles qui ne se reconnaissent pas dans ce que l'on trouve alors sur la Toile (à l’époque, on pouvait vraiment dire « surfer sur la Toile »). Ce site s’appellera ChickClick, et il offrira une alternative crédible aux Cosmo, Glamour et autres titres de cette presse féminine traditionnelle qui « partent du principe que les femmes ne veulent que leur horoscope, des recettes et des conseils pour perdre du poids et trouver un petit ami ». C'est ainsi que les sœurs vont (aux côtés de quelques autres comme iVillage ou Cybergrrl.com), écrire les premières pages de ce qu’on appellera par la suite le « Women's Web ».

Dans son excellente newsletter consacrée à l’histoire d’Internet, le blogueur Jay Hoffmann revient sur l’héritage de ce qui restera comme l’une des premières communautés féminines en ligne, où les femmes de tous âges et de tous horizons pouvaient discuter librement de tout ce qu'elles voulaient. Une sorte de Reddit au féminin avec ses forums, ses threads, son service gratuit de mail et ses posts ironiques. ChickClick a même inventé l'un des premiers (si ce n'est le tout premier) service de création de pages web : ChickPages, un Wordpress avant l’heure où les utilisatrices pouvaient créer leurs propres pages « super insolentes » hébergées gratuitement. 

Au tout début des années 2000 et avec un trafic de plusieurs millions de visiteurs par mois, ChickClick est devenu l'un des sites les plus populaires du web. Tel un minuscule havre de paix, le site aura  brillé durant une courte période, avant de devoir fermer ses portes en 2002, suite à son acquisition par Snowball.com. Et Heidi Swanson, qui à l'époque critiquait ouvertement les magazines de cuisine, continue désormais son bout de chemin en consacrant sa page Instagram… aux recettes de cuisine. Comme quoi, tout peut arriver !
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La bullshit-quote du jour

« Cette crise nous a obligé à nous adapter et à créer une intelligence collective, notamment avec de l'agilité grâce au virtual try-on. »

« Il n’existe ni superman, ni wonderwoman ». C’est bien vrai, mais heureusement il y a Barbara Lavernos ! Comme vous l’avez peut-être déjà constaté, l’actuelle Directrice Générale Technologies & Opérations de chez L’Oréal est toujours là quand il s’agit de balancer une formule efficace ou un anglicisme bien senti. Rappelons qu’en 2017 déjà, elle nous expliquait que le fait d'accélérer « le prototypage pour l’ensemble des marques de L’Oréal : c’est le fast prototyping ».
 
Cette semaine, c’est à l'évènement Recover & Scale du célèbre Hub Forum que Barbara a remis les pendules à l’heure du « e-commerce », nous indiquant comment sortir de la crise « de façon amplifiée et augmentée ». D’ailleurs, celle qui veut faire de L’Oréal « le champion de la beauty tech » a lancé un vrai message d’espoir à tous les participants (virtuels), dont certains ont peut-être peur de voir leur business aller à vau-l'eau… « De cette crise a jailli un nouveau leadership qui est fait de capacités d’agilité, de décision dans l’incertitude, mais surtout à donner et avoir des valeurs, à être multi-connecté ». Nous voilà rassurés. Merci Super B !

Le gros chèque de la semaine

Vous reprendrez bien un peu de « Triller Money » ?

Alors que Donald Trump a enfin décidé de lâcher la grappe à TikTok pendant quelques jours (forcément, il a mieux à faire), et que la décision d’une interdiction de l'application sur le territoire américain a été repoussée jusqu’à nouvel ordre, un concurrent tente désespérément de sortir du bois et de profiter de la déconvenue du leader chinois - déconvenue somme toute assez relative, vu l’audience hallucinante dont bénéficie toujours TikTok dans le monde entier. Il s’agit de Triller, une app franco-américaine créée en 2015, qui fait des pieds et des mains pour gagner l’attention des influenceurs, et par extension, de leur public.
 
Après avoir poursuivi TikTok en justice, puis levé des fonds auprès de plusieurs stars du rap et de la pop, voilà que l’application tente carrément « d’acheter » les gros influenceurs en leur proposant tout un tas de gratifications en nature (une Rolls Royce pour Charli D’Amelio – la star aux 90 millions de followers, des déplacements en hélico pour d’autres…) afin que ces derniers quittent définitivement TikTok. Des millions de dollars de « Triller money » ont ainsi été jetés par les fenêtres afin de gagner des utilisateurs, pour l’instant sans grand succès… 

Si quelques TikTokers connus ont accepté de rejoindre Triller, ces derniers continuent tous d’alimenter leurs pages TikTok. Et pour cause : l’audience de Triller reste largement inférieure à celle de son concurrent. En septembre dernier, des anciens employés ont avoué que les chiffres « officiels » communiqués par l’application étaient faux, jusqu'à cinq fois supérieurs à la réalité. De leur côté, certains influenceurs ne se cachent pas pour dire que l’expérience utilisateur est « catastrophique ». Qu’à cela ne tienne : Triller prévoit néanmoins une future entrée en bourse, avec une valorisation estimée à 1,25 milliard de dollars. C’est Snoop Dogg qui va être content.

Et au moins un truc intéressant
(c'est pour ça qu'on le met en gros)

« Nous sommes tous légitimes à prendre la parole, à poser des questions sur les technologies qui nous entourent et à exiger des réponses claires de leurs promoteurs. Si nous ne nous saisissons pas du débat, alors d'autres s'en chargeront, industriels au premier plan, et défendront leurs intérêts. »

Fini de rigoler ! Avec Technologie partout, démocratie nulle part, Yaël Benayoun et Irénée Régnauld, cofondateurs de l'indispensable Mouton Numérique ont une ambition (de taille) : « ouvrir des pistes pour rendre la technologie réellement démocratique ».

Vaste programme, au cours duquel ils en profitent (entre deux tacles à Cédric O) pour battre en brèche quelques mythes (neutralité technique, déterminisme technologique, course au progrès), démonter les oppositions binaires entre technophiles et technophobes, pour finir par explorer des issues de secours afin que le progrès devienne - enfin - l'affaire de tous : à lire, de préférence du haut d'une antenne 5G, par ici !

Merci d'avoir perdu 5mn, et portez-vous bien.

À la semaine prochaine (on paraît le jeudi matin tôt, désormais).


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BONUS : « Avant, on voulait un appart Instagrammable. Maintenant, il faut qu’il soit Zoomable. », tel est le (triste) constat de la semaine - Il existe désormais des sneakers aux couleurs de Slack - Alexa ne comprend rien à ce que racontent les gamins - Le PDG de Protonmail compare Apple à la mafia – Triste clap de fin pour Djingo, l’enceinte connectée d’Orange - La Quadrature du Net a prévu une série de tribunes pour expliquer en détail ses positions sur la 5G, à commencer par celle de Félix Tréguer, à lire ! - La suite la semaine prochaine !

Sans la liberté de trasher, il n'est point d'éloge flatteur.

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